Quelle stratégie de souveraineté numérique et des données ? La souveraineté, ou le libre exercice de la volonté (4/8)

Mistral AI vient de réussir le tour de force incroyable de signer un partenariat avec Microsoft prétendant contribuer à notre souveraineté numérique, alors que dans le même temps, l’Etat, qui porte à bout de bras Mistral AI, cherche à prendre ses distances avec Microsoft.
Où est la cohérence ?
Nulle part, parce que nous en restons aux incantations et brandissons le mot « souveraineté » comme un étendard, sans prendre le temps de le définir.
Dans ce billet, je vous propose de reprendre Clausewitz et de comprendre, à travers son prisme, comment nous pourrions définir la souveraineté.

Ce billet est la suite de ma conférence sur la souveraineté numérique, donnée à l’INSA Strasbourg en juin dernier. Le texte intégral est accessible ICI.

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Guerre de l’information: la difficulté à séparer le fantasme de la réalité

Si la guerre de l’information apparaît omniprésente dans les pensées de certains auteurs1, une lecture approfondie de leurs travaux laisse paraître l’énorme difficulté à en interpréter les signes tangibles2 et en identifier les effets. C’est pourquoi, tout en reconnaissant la réalité de ces attaques informationnelles, le terme de « guerre » ne semble pas le plus approprié.

Le terme de « harcèlement » semble en effet beaucoup plus approprié. Dans ce billet nous tenterons d’expliquer en quoi il ne s’agit pas d’une guerre au sens propre, mais essentiellement d’opérations isolées, parfois intégrées à une stratégie plus vaste.

En revanche, dans ce billet, il ne sera pas question de différencier les actions cognitives, psychologiques ou simplement informationnelles: nous allons nous contenter de répondre à la question suivante: « La guerre de l’information » est-elle une guerre ou pas et si cela était le cas, sommes-nous en guerre ?

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Quelle stratégie de souveraineté numérique et des données ? L’approche universaliste de Magnifica Humanitas (3/8)

Poursuivons l’incroyable saga de l’été: après des interrogations sur la véritable compréhension que la classe politique a de l’intelligence artificielle lorsqu’il s’agit de souveraineté, intéressons-nous à l’encyclique Magnifica Humanitas qui nous propose une vision diamétralement opposée et universaliste, qui me semble beaucoup plus réaliste, même si l’influence d’Anthropic y est importante.

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Quelle stratégie de Souveraineté Numérique et de Gouvernance des Données pour la France?(1/8)

Le 23 juin dernier, à l’invitation de l’INSA et du ICube j’ai pu intervenir devant un groupe de chercheurs et chercheuses en informatique et en IA pour présenter le résultat de mes réflexions sur la souveraineté numérique.

Cette intervention étant longue, très longue, elle sera publiée sur ce blog sous la forme d’un feuilleton estival.

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Blocage de la dernière innovation d’Anthropic et souveraineté: une autre grille de lecture

Ces dernières semaines, Anthropic, le producteur de Claude et autres modèles de pointe a été au coeur de l’actualité: une intervention de son fondateur, Chris Olah, lors de la présentation de l’encyclique Magnifica Humanitas au Vatican1, une polémique avec l’administration américaine en raison de questions sur l’usage éthique de leur IA2, un projet d’entrée en bourse3 et enfin, pour couronner le tout, l’interdiction faites aux ressortissants étrangers d’utiliser Mythos, le tout dernier modèle d’Anthropic4.

Brandissant aussitôt notre beau drapeau tricolore, dans une belle unanimité, l’ensemble de la classe politique s’est ému et a appelé au retour de notre souveraineté, notamment par le soutien affirmé à Mistral AI, notre champion tricolore.

J’aimerais que les choses soient aussi simples. Mais c’est rarement le cas et dans ce billet, je vais vous proposer une autre grille de lecture.

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Quelques clés de compréhension de Palantir mais aussi de ses limites…

Palantir Technologies est une société difficile à appréhender quand on n’est pas directement à son contact, ce qui est mon cas. Volontiers discrète, travaillant avec les services secrets de nombreux pays ou des industries stratégiques, comme l’aéronautique, elle communique peu sur ses produits ou elle reste volontairement vague. On lui reproche beaucoup de choses, notamment la vision du monde que portent ses dirigeants Peter Thiel et Alexander Karp ou bien encore son financement initial par la CIA.

Qu’en est-il exactement ? Que pouvons-nous comprendre de Palantir sans être de la partie ? La lecture de la thèse d’Alexander Karp et certains articles plus récents donne un éclairage intéressant et peut-être même moins sulfureux qu’on ne veut laisser croire.
Nous pouvons peut-être même, dans les propres écrits d’Alexander Karp, identifier les limites de son raisonnement.

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Peut-on parler de souveraineté numérique ?

Lorsqu’un enseignant-chercheur de Sciences Po Strasbourg m’a demandé d’intervenir à une table ronde sur le sujet de la souveraineté numérique dans un cadre européen, j’ai évidemment accepté, même si je reste sceptique sur l’intitulé même de la question.
D’un autre côté, comme la souveraineté est une obsession chez nous, en France, il m’a semblé judicieux d’utiliser ce blog pour raffiner mes arguments et in fine, expliquer pourquoi ce concept est vain.

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Lutte contre les influences étrangères: l’angle mort de nos propres faiblesses

Les tentatives d’influence étrangère contre nos nations constituent une menace récurrente dont les services de l’État tentent de nous protéger. Et ils ont raison, car elles sont une réalité: les discours officiels des membres de l’administration américaine et des autorités russes ne font aucun doute sur leur volonté de nous imposer leur propre vision du monde.

En revanche, plus je m’approprie ce sujet, plus je reste frustré par certains angles morts dans notre lecture du problème. Pour tenter de comprendre cette frustration, je me suis appuyé sur Raymond Aron, « Penser la guerre, Clausewitz », ainsi que sur TRIZ1. Son intérêt est double puisqu’elle aborde la résolution des problèmes stratégiques depuis une perspective holistique.

Cette approche dialectique permet alors de constater que nos réactions ne semblent pas apporter de véritables réponses aux attaques que nous subissons de part et d’autre.

Photo de couverture du livre de Raymond Aron intitulé "Penser la guerre, Clausewitz" aux Editions Gallimard
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Et si la complexité d’une société était la clé de sa résilience ?

Il n’est pas de semaine sans que nous ne soyons alertés sur les tentatives de déstabilisation conduites par des pays rivaux dans le champ informationnel: sites de désinformation générés à la chaîne par des IA, attaques ouvertes contre nos valeurs et nos démocraties sur les réseaux sociaux, enfermement de notre jeunesse dans des tunnels cognitifs pour les emmener à développer une autre vision du monde et fragiliser nos sociétés dans le long terme.

Ces attaques sont une réalité, Dmitri Minic, cité dans un autre billet le démontre brillamment à propos de la stratégie russe. L’article de Boulenguer, Guéneau et Prébot détaille son pendant chinois dans le dernier numéro de la Revue Internationale et Stratégique publié sur Cairn.

Cette vision globale de la guerre est suffisamment documentée pour être admise.
En revanche, je m’interroge sur l’effet de ces menaces et de ces attaques.

Ce billet de blog va donc tenter d’ouvrir quelques nouvelles pistes de réflexion, nées de ma découverte des travaux de Behnoosh Namdarzadeh, lors d’une journée d’études organisée par l’AFIA et ATALA ce 12 décembre.

Il n’est pas de semaine sans que nous ne soyons alertés sur les tentatives de déstabilisation conduites par des pays rivaux dans le champ informationnel: sites de désinformation générés à la chaîne par des IA, attaques ouvertes contre nos valeurs et nos démocraties sur les réseaux sociaux, enfermement de notre jeunesse dans des tunnels cognitifs pour les conduire à développer une autre vision du monde et fragiliser nos sociétés dans le long terme.

Ces attaques sont une réalité, Dmitri Minic, cité dans un autre billet le démontre brillamment à propos de la stratégie russe. L’article de Boulenguer, Guéneau et Prébot détaille son pendant chinois dans le dernier numéro de la Revue Internationale et Stratégique publié sur Cairn.

Cette vision globale de la guerre est suffisamment documentée pour être admise.
En revanche, je m’interroge sur l’effet de ces menaces et de ces attaques.

Ce billet de blog va donc tenter d’ouvrir quelques nouvelles pistes de réflexion, nées de ma découverte des travaux de Behnoosh Namdarzadeh, lors d’une journée d’études organisée par l’AFIA1 et ATALA2 ce 12 décembre.

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Influences étrangères: quand la raison et la pondération deviennent un atout

Elon Musk a violemment critiqué l’Union Européenne suite à une amende infligée à X (anciennement Twitter), dénonçant une atteinte à la liberté d’expression. Ce manque de réaction des États Membres face à ses attaques soulève des questions sur la dépendance européenne vis-à-vis des États-Unis et sur l’impact des influences étrangères sur la démocratie.
Ce billet de blog propose d’approfondir le sujet.

L’amende infligée par la Commission Européenne à X (ex-Twitter) a provoqué une éruption de colère chez Elon Musk, son propriétaire : depuis ce vendredi 5 décembre, le propriétaire de X se répand en attaques d’une violence sans limite à l’égard de l’Union Européenne qu’il accuse de tuer la liberté d’expression. Ce déversement de haine se produit conjointement avec la publication de la Stratégie Nationale de Sécurité américaine, accessible depuis le site de la Maison Blanche.

Comment expliquer la faiblesse des réactions des Etats Membres, alors qu’en janvier dernier, ils avaient été prompts à dénoncer l’ingérence d’Elon Musk dans les affaires européennes lorsqu’il avait affiché son soutien à l’AfD, le parti d’extrême-droite allemand ?

Dans ce post, je voudrais vous proposer quelques clés de lecture que vous pourrez à loisir rejeter, critiquer ou amender.
En revanche, ces deux conceptions antagonistes de la liberté d’expression ne feront pas l’objet de ce billet: c’est trop compliqué pour moi et c’est le travail des philosophes.

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