Blocage de la dernière innovation d’Anthropic et souveraineté: une autre grille de lecture

Ces dernières semaines, Anthropic, le producteur de Claude et autres modèles de pointe a été au coeur de l’actualité: une intervention de son fondateur, Chris Olah, lors de la présentation de l’encyclique Magnifica Humanitas au Vatican1, une polémique avec l’administration américaine en raison de questions sur l’usage éthique de leur IA2, un projet d’entrée en bourse3 et enfin, pour couronner le tout, l’interdiction faites aux ressortissants étrangers d’utiliser Mythos, le tout dernier modèle d’Anthropic4.

Brandissant aussitôt notre beau drapeau tricolore, dans une belle unanimité, l’ensemble de la classe politique s’est ému et a appelé au retour de notre souveraineté, notamment par le soutien affirmé à Mistral AI, notre champion tricolore.

J’aimerais que les choses soient aussi simples. Mais c’est rarement le cas et dans ce billet, je vais vous proposer une autre grille de lecture.

Continuer à lire … « Blocage de la dernière innovation d’Anthropic et souveraineté: une autre grille de lecture »

Peut-on parler de souveraineté numérique ?

Lorsqu’un enseignant-chercheur de Sciences Po Strasbourg m’a demandé d’intervenir à une table ronde sur le sujet de la souveraineté numérique dans un cadre européen, j’ai évidemment accepté, même si je reste sceptique sur l’intitulé même de la question.
D’un autre côté, comme la souveraineté est une obsession chez nous, en France, il m’a semblé judicieux d’utiliser ce blog pour raffiner mes arguments et in fine, expliquer pourquoi ce concept est vain.

Continuer à lire … « Peut-on parler de souveraineté numérique ? »

Lutte contre les influences étrangères: l’angle mort de nos propres faiblesses

Les tentatives d’influence étrangère contre nos nations constituent une menace récurrente dont les services de l’État tentent de nous protéger. Et ils ont raison, car elles sont une réalité: les discours officiels des membres de l’administration américaine et des autorités russes ne font aucun doute sur leur volonté de nous imposer leur propre vision du monde.

En revanche, plus je m’approprie ce sujet, plus je reste frustré par certains angles morts dans notre lecture du problème. Pour tenter de comprendre cette frustration, je me suis appuyé sur Raymond Aron, « Penser la guerre, Clausewitz », ainsi que sur TRIZ1. Son intérêt est double puisqu’elle aborde la résolution des problèmes stratégiques depuis une perspective holistique.

Cette approche dialectique permet alors de constater que nos réactions ne semblent pas apporter de véritables réponses aux attaques que nous subissons de part et d’autre.

Photo de couverture du livre de Raymond Aron intitulé "Penser la guerre, Clausewitz" aux Editions Gallimard
Continuer à lire … « Lutte contre les influences étrangères: l’angle mort de nos propres faiblesses »