Ces dernières semaines, il ne se passe pas une journée sans que l’on ne parle de nouveaux licenciements provoqués par l’irruption de l’IA dans les entreprises. C’était le quotidien Libération, le 1er décembre, le magazine Fortune le 25 novembre. En 2023, un précurseur était la société Onclusive qui était citée dans un article des Echos.
Clairement, la volonté est là de licencier du personnel, de réduire la masse salariale grâce à l’automatisation des tâches permise par l’IA. Entendons bien: il s’agit essentiellement d’IA génératives dont nous parlons. Les autres sont bien trop complexes à déployer pour avoir des effets aussi brutaux.
Mais l’IA en est-elle le véritable responsable ou s’agit-il d’une nouvelle mode managériale comme il y en a eu tant ? Je penche pour la deuxième option et je vais tenter de vous le démontrer dans cet article.
Article du journal Libération en date du 1er décembre 2025. Autrice: Elise Viniacourt(suite…)
Le quotidien régional Les Dernières Nouvelles d’Alsace a consacré sa Une du 26 novembre aux menaces informationnelles qui pèsent sur les élections municipales de 2026. En effet, l’année 2025 a vu la multiplication de sites de désinformation dont les contenus, générés par des IA, sont destinés à jeter le doute sur l’état de notre pays. La principale source de cet article est Recorded Future qui indique la création quasiment simultanée de 141 sites de presse régionale au seul premier semestre 2025.
Confirmés par Reporters Sans Frontières et l’enquête des Dernières Nouvelles d’Alsace, les journalistes attribuent cet afflux de sites Web à une offensive de la Russie dans le but de peser sur les élections municipales de 2026 en influençant la population.
Mais était-ce réellement la population française, les électeurs, qui étaient visés? La démarche est peut-être plus complexe qu’il n’y paraît.
Ce 21 novembre, l’ENSC1, l’Université de Bordeaux et le ministère des Armées avaient organisé un colloque sur la guerre informationnelle. Cela valait la peine de se déplacer: quatre tables rondes de très bon niveau, beaucoup de connaissances partagées. Tout en ressortant totalement convaincu de la réalité des attaques informationnelles, je quitte le Sud-Ouest avec beaucoup de questions sur lesquelles je compte bien travailler dans les prochains mois. Dans ce billet, je vais m’efforcer d’en partager quelques unes avec vous.
Ce 3 novembre 2025, j’ai eu l’honneur de donner ma première conférence académique sur le thème de l’IA dans la guerre au sein de la faculté de théologie catholique de l’Université de Strasbourg.
Le coeur de cette conférence porte sur le problème de l’emploi des IA génératives dans l’aide à la décision et sur les enjeux de la guerre cognitive.
Depuis que j’ai été encouragé à m’intéresser aux sujets de guerre cognitive et notamment au rôle joué par l’intelligence artificielle dans cette forme de conflit, je suis confronté à une question récurrente : s’agit-il véritablement d’une guerre ou est-ce encore un abus de langage destiné à se donner de l’importance en faisant peur au quidam ?
Malheureusement, à force de retourner le sujet dans tous les sens, je n’ai pu que me rendre à l’évidence: nos conceptions traditionnelles et juridiques de jus in bellum et jus ad bello semblent dépassées par les réalités stratégiques. Là où le droit de la guerre et le droit de faire la guerre sont clairement différenciés, le concept de guerre cognitive rebat les cartes en nous imposant une autre approche des conflits.
Le retour à la source de la guerre telle que définie par Clausewitz m’a permis de faire sauter ce point de blocage tenace.
Notre transformation en sociétés de l’information nous contraint à repenser la guerre. Il devient possible d’abattre un adversaire de l’intérieur sans qu’il ne soit même nécessaire de s’engager dans la confrontation armée.
Cet article est le fruit d’une réflexion personnelle et invite essentiellement à la réflexion. Il ne prétend exprimer aucune vérité établie et est donc totalement critiquable.
A chacune de mes interventions sur les usages de l’intelligence artificielle dans les Ressources Humaines, je reste surpris par le regard d’enfant que les spécialistes RH posent sur le sujet.
En effet, ces spécialistes, généralement totalement investis dans leur métier sont confrontés à la double injonction d’être efficaces, plus rapides tout en étant confrontés à des budgets serrés, tant la fonction est d’abord considérée comme un centre de coûts. Et l’intelligence artificielle peut alors apparaître comme une solution miracle, une baguette magique, la promesse absolue de lendemains enchanteurs, notamment pour le recrutement, puisque chaque année en France sont signés plus de 40 millions de contrat de travail.
L’objectif de ce post est donc de calmer un peu ces ardeurs, même si ça vexe les fournisseurs de solution. Désolé pour eux…
Les événements récents autour de la nouvelle politique américaine en matière de diversité interpellent sur un sujet majeur: une IA n’est jamais neutre. Elle est d’abord au service de ses propriétaires. La question qui se pose est donc de savoir jusqu’où nous acceptons de nous conformer à des modèles culturels que l’on veut nous imposer, jusqu’où nous voulons rester nous-mêmes.
Chaque fois qu’on évoque l’intelligence artificielle auprès du grand public, elle semble soit parée de vertus magiques, soit entourée d’un halo mystérieux et quelque peu effrayant.
Après plusieurs conférences et interventions diverses sur la relation entre IA et société, je suis arrivé à une conclusion totalement subjective et non prouvée que l’IA nous renvoyait à nos peurs ancestrales. D’ailleurs on retrouve fréquemment dans les incantations des chroniqueurs et polémistes la menace d’une destruction du monde, ce qui n’est pas fait pour rassurer le commun des mortels.
Pourtant, même si la menace de la fin du monde fait grimper l’Audimat, j’ai constaté que le rapprochement avec l’époque des Grandes Découvertes rencontrait un certain écho. Admettre l’incertitude permet de s’y préparer et d’envisager devenir acteur de son propre futur, bien plus que la menace d’un holocauste logiciel. Mais je reconnais qu’on vend moins de livres.
Le siècle de l’IA se rapproche beaucoup plus de l’époque des Grandes Découvertes que d’une fin du monde annoncée.
Planisphère de Cantino (1502 – Biblioteca Estense de Modène)(suite…)
Le nouveau vice-président Américain, J.D. Vance a eu l’immense mérite d’être particulièrement clair lors de l’allocution qu’il a prononcée le 11 février dernier lors du sommet mondial pour l’IA : soit on se plie, soit on trouve les USA sur notre chemin. En l’écoutant attentivement, son intervention d’un quart d’heure était en fait à quatre niveaux : un message pour l’électorat ouvrier américain, un autre de soutien à la Big Tech et aux GAFAM, un troisième de réaffirmation du leadership américain sur l’IA et un quatrième en direction des Européens: soit vous montez à bord, soit on s’occupera de vous couper les ailes.
C’est ce que nous allons détailler dans cet article de blog.
Intervention de J.D. Vance le 11 février 2025 – Vidéo en ligne sur la chaîne YouTube de Fox TV(suite…)